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mercredi 21 avril 2010

Actualité burundaise du 20 avril 2010

- Politique :
1. Le ministre de l’intérieur continue à mettre en garde les jeunes des partis politiques impliqués dans des affrontements. Dans une conférence de presse de ce 20 avril, Edouard NDUWIMANA a indiqué que des sanctions ont déjà été prises à l’endroit des administratifs qui font preuve d’excès de zèle à l’endroit de ces jeunes. Le ministre de l’intérieur cite le cas de l’administrateur de Kanyosha. Cependant, il a précisé que ledit ministère intervient si l’accusé admet avoir commis le délit au nom de son parti politique. Si non, dit le ministre NDUWIMANA, c’est la police et l’administration qui se chargent du cas ; (RPA, Isanganiro, Bonesha FM, Radio Nationale, Rema FM)

2. Le chef de l’Etat était ce 20 avril en commune Bugarama de la province de Muramvya où il a rencontré les représentants de la 3ème région militaire. Cette rencontre tenue en présence du ministre de la défense nationale et des anciens combattants ainsi que les responsables des Etats major était centrée sur la sécurité, l’économie ainsi que les problèmes d’ordre matériel et logistique que connaît cette 3ème région militaire. (Radio Nationale, Rema FM)



Synergie des radios Bonesha FM, RPA, Isanganiro, RIA, CCIB FM+, Renaissance FM

- Editorial : « Le temps des assassins est-il venu ? » pour paraphraser les poètes, la violence est partout, surtout politique. A la veille des échéances électorales, la violence verbale qui précède la politique s’observe entre différents partis politiques. L’instrumentalisation de la jeunesse par les politiques débouchent sur des violences physiques. Rien que durant l’année 2009 et ces quatre mois de 2010, on peut dénombrer différents cas de violences qui vont de simples coups et blessures jusqu’aux tentatives de meurtre voire des meurtres. Paradoxalement, s’observe une complicité ou une passivité des forces de l’ordre, de l’administration et de la justice. A titre d’illustration, les derniers affrontements en commune Kinama ne peuvent pas tranquilliser l’opinion. La province de Kirundo est devenue un véritable champ de batail entre le CNDD-FDD et le FNL sans oublier d’autres formations politiques. A Bwambarangwe comme à Kinama, la machette prend une visibilité aux allures inquiétantes, des aiguilles sont utilisées pour torturer des membres des partis adverses. Des destructions méchantes sont faites contre les permanences des partis et leurs emblèmes, l’intolérance politique devient un comportement pire, une culture. En province de Makamba, des formations para militaires se font au su et au vu de tout le monde. Dans les villages de paix, rapatriés et résidents se regardent en chiens de faïence. Des rapatriés, hier, heureux de mettre fin à l’exil y retournent pour échapper à un enfer. A Makamba, le gouverneur témoigne du déversement des armes dans une famille en pleine journée. Face à cette situation délétère, le silence des responsables de l’administration et de la police est assourdissant. Pourtant, l’histoire récente devrait servir de leçon. Qui ne se souvient pas des GEDEBU et Sans Echecs, de triste mémoire, qui ont mis la capitale du pays à feu et à sang. Entre temps, tout le monde se rejette la responsabilité notamment la CENI qui affirme ne pas être concernée par ces actes de violence. Chaque jour qui passe, les autorités et le président de la République nous assurent, curieusement, du bon déroulement des élections dans un climat de paix et de transparence. Peut-on parler de la banalisation du mal quand le chef de l’Etat qualifie ces actes d’incidents isolés et affirme que la paix intégrale n’est pas de ce monde mais du domaine du paradis ? Il faut absolument que ses vœux pieux du bon déroulement des élections soient traduits en actes par des sanctions aux fauteurs des troubles. La responsabilité ne pourrait être individuelle comme l’affirme le chef de l’Etat, elle est morale et institutionnelle. La CENI , l’Etat et les partis politiques sont interpellés car, demain toutes ces institutions vont être comptables devant l’histoire, la population et la communauté internationale. Il y a urgence, plus qu’urgence. Les élections vont se dérouler entre le 21 mai et le 07 septembre, c’est une longue période. Dans l’immédiat, il faut un climat apaisé, si cet apaisement ne vient pas avant les élections, sans être des oiseaux de mauvais augure, le déroulement de ces élections sera ingérable. Il sera alors trop tard pour bien faire ;

- Sécurité- Politique :
1. Une personne a été blessée par balle ce 19 avril en commune urbaine de Kinama. Ses voisins indiquent qu’il s’agit d’un agent du service national des renseignements qui a tiré sur la victime. Cependant, l’administration n’est pas aussi affirmative. L’administrateur de Kinama exhorte la jeunesse à ne pas se diviser sur base politique. Jusqu’au matin de ce 20 avril, cet agent du service des renseignements n’avait pas pu être interrogé à cause de l’attroupement de la population en colère devant les bureaux communaux. L’administrateur de cette commune a préféré transférer cet agent au Bureau Spécial de Recherche (BSR) ;

2. La population de la commune urbaine de Kanyosha accuse l’administrateur de malmener une partie de la population qui n’est pas membre de son parti politique, le CNDD-FDD. Ces habitants indiquent que ceux qui refusent d’adhérer à ce parti ne travaillent pas tranquillement, notamment ceux qui détiennent les salons de coiffure ;

3. Plus de quinze rapatriés Burundais ont regagné la Tanzanie à cause des entraînements militaires qui se font dans le village de paix de Musenyi en commune Mabanda (province de Makamba). Le représentant de ces rapatriés nie ces faits. Il affirme que ces familles sont retournées en Tanzanie à cause de la disette, ce qui est confirmé par le gouverneur de Makamba ;

4. Les affrontements sont fréquents en province de Kirundo surtout entre les jeunes du CNDD-FDD et ceux du FNL. Les derniers affrontements remontent au 18 avril où 15 partisans du FNL ont été sauvagement frappés par ceux du CNDD-FDD. Le 17 avril, un partisan du MSD avait été blessé à la machette par un membre du CNDD-FDD. Dans une réunion de pacification avec le ministre de l’intérieur, les partis politiques d’opposition ont démontré la faiblesse de l’administration et de la police en cette province qui se prosternent devant le député Jean Baptiste NZIGAMASABO alias Gihahe. Celui-ci est considéré comme faiseur de la pluie et du bon temps à Kirundo ;

5. Les membres du CNDD-FDD et du FNL des communes Gashoho et Busoni des provinces Muyinga et Kirundo ne font pas bon ménage. Ces derniers jours, les partisans de ces formations politiques n’ont pas cessé de se battre en utilisant des gourdins, des bâtons et des machettes ;

6. Le chargé de la propagande du parti Frodebu Iragi rya Ndadaye dans la province de Ruyigi a été sérieusement battu par des membres du parti CNDD-FDD. Et en commune de Butezi, de cette même province, le représentant du parti MSD a également été malmené par des membres du CNDD-FDD jusqu’à ce qu’il change de domicile toutes les nuits. En commune de Kinyinya, les membres du CNDD-FDD ont brûlé la permanence du parti Sahwanya Frodebu ;

7. Des affrontements violents ne sont pas fréquents en province de Gitega mais, des bagarres ne manquent pas. Ce sont notamment des bagarres opposant des militants du CNDD-FDD à ceux de l’UPD ou aux CNDD-FDD à ceux du FNL ;

8. Dix personnes ont été blessées dont deux grièvement par des partisans du CNDD-FDD en commune de Mpanda (province de Bubanza). Le gouverneur de cette province interpelle les acteurs politiques à mettre en place des comités communaux qui peuvent intervenir en temps de conflit entre différents partis politiques au cours de cette période préélectorale ;

9. Seule la commune Mutambu connaît des différends accentués, sur onze communes qui font la province de Bujumbura. Les partis Frodebu et FNL accusent le parti au pouvoir avec en tête l’administrateur communal, Emmanuel NKESHIMANA, de proférer des menaces à leur endroit. Ils utiliseraient des propos intimidants les membres des autres partis politiques ;

- Politique :
1. Le parti CNDD-FDD affirme être engagé à tout faire pour que les élections de 2010 se passent dans de bonnes conditions indique le secrétaire général de ce parti. Gélase NDABIRABE souligne qu’il y a ceux qui veulent perturber les élections en provoquant les membres du CNDD-FDD. Il interpelle les membres de tous les partis politiques à éviter la provocation ;

2. Le parti FNL, quant à lui, demande aux hommes politiques Burundais de se ressaisir et de comprendre que les élections sont une compétition des projets et programmes des partis politiques. Agathon RWASA demande qu’on laisse au peuple le choix. Le président du FNL déplore l’attitude de certains administratifs qui banalisent les affrontements entre membres des partis politiques ;

3. Le porte-parole de la CENI, Prosper NTAHOGWAMIYE, interpelle tout un chacun à apporter sa contribution pour que les élections de 2010 soient apaisées et transparentes. Il demande que les coupables de ces exactions soient punis par les organes habilités ;

4. Le porte-parole de la COSOME souligne que la situation actuelle risque de porter préjudice aux élections. Mohamed NIBARUTA indique que si les enquêtes aboutissaient et que des sanctions étaient prises à l’endroit des fauteurs de trouble, cette situation pourrait changer.
Radio Nationale (92. 9 FM)
- Politique : Peu de personnes se sont déplacées pour vérifier l’enrôlement des électeurs alors que cette opération est terminée dans certaines localités du pays et qu’elle prend fin ce 21 avril à Bujumbura. Dans certains endroits, aucune personne n’est allée vérifier ces listes. Les repsonsables de la CENI estiment que la population n’a pas été sensibilisée ;

- Education :
1. Reprise de la médiation ce 20 avril entre le gouvernement et les syndicats des enseignants en grève. Les deux parties devraient commencer à échanger sur les questions de fonds ;

2. La dégradation de la qualité de l’enseignement et l’insuffisance du matériel scolaire et didactique portent préjudice à l’enseignement. Ces difficultés sont notifiées alors que la campagne mondiale de l’éducation pour tous a été lancée ce 19 avril. Le thème de cette campagne est « Toujours ensemble, utilisons bien les ressources nationales allouées à l’éducation » ;

- Conflits fonciers : Les cas de tueries de personnes accusées de sorcellerie se multiplient de plus en plus en province de Muyinga. Dans une réunion tenue par l’administrateur de Muyinga, il a été précisé que ces tueries sont en réalité perpétrées sur fond de conflits fonciers. Il a été recommandé à la population de livrer ces malfaiteurs.
Rema FM (88.6 FM)
- Coopération : Le président Pierre NKURUNZIZA a reçu en audience ce 20 avril le représentant de l’Union Européenne dans la région des grands lacs. Ce dernier a indiqué être content de l’étape franchi par le Burundi dans le domaine politique et souligne être confiant du bon déroulement des élections au Burundi ;

- Sécurité : Le secrétaire général de l’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques (OLUCOME) dément les informations faisant état de la fuite du président de l’OLUCOME. Claver IRAMBONA affirme que de Gabriel RUFYIRI est en mission de travail à l’étranger ;

- Politique :

1. L’Association Burundaise des Elus Locaux (ABELO) a mené une enquête pour analyser les atouts et problèmes que pourra avoir le processus électoral. Dans une conférence de presse de ce 20 avril, Alexis NZOHABONIMANA, secrétaire exécutif de l’ABELO, a demandé au gouvernement que les élus locaux reçoivent des indemnités de fin de mandat à l’instar des autres mandataires politiques. Il a également demandé que les élus locaux aient le même salaire sans considération de leurs diplômes ;

2. Michel Calixte NSABUMWAMI, représentant du parti ADR en province de Kayanza, précise que l’ordre de collecter les récépissés et les cartes d’identités de leurs partisans a été intimé par les responsables de ce parti. Il affirme que le Pasteur qui a été arrêté en possession de ces documents allait constituer des dossiers pour que ces personnes se présentent dans les élections communales. Le représentant du parti ADR atteste que ces récépissés et cartes d’identités ont été remis ;

- Environnement : Des experts en provenance de huit pays des grands lacs africains se sont réunis pour étudier les raisons de la diminution des poissons dans ces lacs. Selon ces experts, le Lac Tanganyika, le Lac Victoria et le lac Malawi sont tous concernés par cette diminution de poissons. Joseph NDUWIMANA, directeur de l’eau au ministère de l’environnement et de l’urbanisme, précise que la région des grands Lacs sera touchée par des changements climatiques. Ils ont également indiqué que la jacente d’eau est un autre fléau qui menace ces lacs ;

- Energie : Le directeur général de la REGIDESO tranquillise la population, les coupures répétitives d’électricité sont dues à la ligne électrique Bubanza- Bujumbura qui était tombée en panne. Il a affirmé que la panne a été réparée ;

- Salubrité : Le directeur général des Services Techniques Municipaux (SETEMU) annonce que des groupes vont évacuer des ordures dans chaque quartier. Rémy BARAMPAMA appelle les habitants de la Mairie de Bujumbura à contribuer pour faciliter le bon déroulement de ce travail ;

- Sécurité : La police de la province de Ngozi a appréhendé dans la nuit du 19 avril un bandit qui tendait des embuscades aux passants. Il est actuellement détenu à la police de Ngozi.

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